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De Dargelos à Rosebud : L'alpha et l'omega

Dans "Les Enfants Terribles" (1929) de Jean Cocteau, Dargelos blesse Paul par une pierre dissimulée dans une boule de neige. Paul est contraint de rester dans sa chambre, c'est le début de l'histoire. Dargelos représente pour Jean Cocteau le « premier symbole des forces sauvages qui nous habitent » (Portraits-Souvenir, 1935). On retrouve aussi Dargelos dans "Le Livre Blanc" (1928) .

Rosebud est le mot que prononce le milliardaire sur son lit de mort dans le film "Citizen Kane" d'Orson Welles (1941). L'intrigue est basée sur cette enquête que les journalistes mènent à la recherche de la Rosebud de Kane. Les dernières images nous livrent subtilement la solution.
Α & Ω

mardi 27 mars 2007

Mener son poil par le bout du nez



Le Palais de Tokyo a accueilli fin mars 2007 « les états généraux du poil »[1], sur une proposition du Collège de pataphysique. Ce Collège créé en 1948 prône la philosophie du Dr Faustroll, un personnage imaginé par Alfred Jarry (1873-1907). La pataphysique donne des solutions imaginaires à des problèmes qui ne se posent pas. Parmi les divers intervenants scientifiques, Catherine Vidal, directrice de recherche à l'Institut Pasteur, dissertera sur « la modification des cellules cérébrales quand le poil pousse dans la main ». Claude Gudin, biologiste du végétal [2], nous apprendra tout sur « la pilosité des femmes jalouses » et Pascal Picq (Collège de France) nous éclairera sur « Bosse-de-Nage et la mutation PCR ». Bosse-de-Nage était le souffre douleur simiesque du Dr Faustroll à qui ce dernier avait greffé la peau des fesses sur le visage. Le cinéaste Fernando Arrabal et le compositeur Bernard Lubat interpréteront pour la première fois en public un air composé pour l'occasion : « le chant du cheveu », en hommage à la cantatrice chauve d'Eugène Ionesco. Ce concert sera précédé par « Poils bretons », interprété par le duo celtique composé de Yann Fanch Kemener et d'Aldo Ripoche. Tandis que Jean-Christophe Averty, grand innovateur du petit écran présentera une série de chansons « le poil et les poilus » et que bien d'autres artistes célébreront le poil dans toutes ses dimensions.

Isabelle Brisson
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[1] 13, av. du Président-Wilson, Paris, du 30 mars à 14 h au 1er avril 2007, entrée 6 euros.
[2] Une histoire naturelle du poil, Éditions du Panama.


Le programme


vendredi 30 mars 2007– 14 h - 14 h 30 : Accueil, Marc-Olivier Wahler.
Introduction aux États généraux, Claude Gudin, Thieri Foulc, André Stas.

– 14 h 30 - 15 h : Ubu poilu ? Jacques Carelman.

– 15 h - 15 h 30 : Le charme d'Adam, c'est d'être à poil, Philippe Obliger.

– 15 h 30 - 16 h : Le poil de James Bond tournait-il à l'envers ? Marc Vasseur.

– 16 h - 16 h 30 : Transgénie du Poil, Eduardo Kac.

– 16 h 30 - 17 h : Géographie du Poil, Alain Zalmanski.

– 17 h - 17 h 30 : Turing, le Poil mathématique, Daniel Thomas.

– 17 h 30 - 18 h : Le Poil littéraire, Max Poty.

- 18 h - 18 h 30 : Ontologie du Poil, Jean-François Mattéi.

– 18 h 30 - 19 h : La chevelure des comètes, André Brahic.

– 19 h - 19 h 15 : La pilosité des femmes jalouses, Claude Gudin.

– 21 h - 21 h 10 : Les chercheuses de poux d'Arthur Rimbaud, Tristan Bastit.

– 21 h 10 - 23 h 53 : La comédie de Dieu, film de João Cesar Monteiro.

9 clinamen 134, vulg. samedi 31 mars 2007

– 14 h - 14 h 30 : Onomastique capillicole, Pascal Bouché.

– 14 h 30 -15 h : Poil et performance : le Poil, le sportif et l'architecte, Stéphane Mahieu.

– 15 h - 15 h 30 : De la modification des cellules cérébrales quand le Poil pousse dans la main, Catherine Vidal.

– 15 h 30 -16 h : Les trichologiques, Christian Bromberger.

– 16 h - 16 h 30 : Le Poil, une société à part entière, Bruno Bernard. Populations pileuses, Tristan Bastit.

– 16 h 30 - 17 h : Faustroll à poil. Une approche néo-scientifique, Claude Gudin. De l'ambiguïté auburnienne du Dr Faustroll, Pascal Bouché.

– 17 h - 17 h 30 : Bosse-de-Nage et la mutation Haha, Pascal Picq.

– 17 h 30 - 18 h : Subreptice apparition du poil pubien dans la peinture occidentale, Thieri Foulc.

– 18 h - 18 h 30 : Rebrousse-poil : Marcel Duchamp, Jean-Pierre Brisset et le Poil, Marc Décimo (avec Guillaume Pô pour les images).

– 18 h 30 - 19 h : Que le Poil mesure le monde, Gérard Berry.

– 21 h - 21 h 30 : Poils breton (voix et violon-selle), Yann Fañch Kemener et Aldo Ripoche.– 21 h 30 - 22 h : Chorégraphie à poils, Catherine Contour.

– 22 h - 22 h 30 : Le chant du cheveu, hommage à la Cantatrice chauve de Ionesco, Fernando Arrabal, Bernard Lubat.

– 22 h 30 - 23 h : Advienne que pourra !

10 clinamen 134, vulg. dimanche 1er avril 2007

– 14 h - 14 h 10 : Maman, les petits poissons ont-ils des poils ? Claude Gudin.

– 14 h 10 - 14 h 30 : La chose impossible, Jean de La Fontaine, Milie von Bariter. La chose possible, Pascal Bouché, Phryné Coutant-Foulc.

– 14 h 30 - 15 h : Saint Poil le Cénobite. Sa vie, Isabelle Brisson ; Sa leçon, Paul Gayot. Poil déserteur, Tristan Bastit.

– 15 h - 16 h : Bézoards et Égagropiles, les poils mystérieux de l'intérieur, Patrice Josset. Avec ou sans poil, du Romain au Barbare et vice-versa, Bernard Lançon. Le saint Poil, reliques capillaires d'Orient et d'Occident, David Lavergne.

– 16 h - 16 h 30 : Des machines à poil, Frédéric Leroy.

– 16 h 30 - 16 h 45 : Art velu interactif, Isabelle Dubosc.

– 16 h 45 - 17 h : L'appel de la forêt, Jack Vanarsky

– 17 h - 17 h 30 : Éléphant, jubarte et joubarbe, Pascal Varejka, Isabelle Brisson, Claude Gudin.

– 17 h 30 - 17 h 45 : Du poil sur les texticules (Chirac, à un poil près), Duc Glandieu.

– 17 h 45 - 18 h : De la touffe, Alain Mignien.

– 18 h - 18 h 30 : Sacrifice humain, Jack Vanarsky.

– 20 h 30 h - 21 h : De la lexicologie du Buisson ardent, André Stas avec Fanchon Daemers (chant).

– 21 h - 21 h 30 : Du poil aux pattes, chansons poilues, Jean-Christophe Averty.

– 21 h 30 - 22 h : Clôture des États généraux, Mark Alizart, Fernando Arrabal, Jean-Christophe Averty, Paul Gayot, Thieri Foulc. Remise de diplômes de l'Ordre de la Grande Gidouille.

Il va de soi que ces horaires seront bousculés et que ce programme sera modifié à mesure de son déroulement.

dimanche 18 mars 2007

La queue

La période communiste est finie, les business center ont fleuri à Sofia avec autant de Casinos... L'époque des longues et interminables files d'attente est révolue.
Quoique. Les Bulgares, forts de constater que cette coutume participait pleinement à l'élaboration du lien social, ont maintenu cette tradition pour les affaires relatives à l'administration.
C'est ainsi que je me trouve à 11h30 dans une file d'attente pour aller payer la taxe d'habitation du 63 rue Ivan Assen II. A vue de nez, cent mètres de trottoir. Une personne par mètre cinquante de bitume. Soixante-six contribuables avant nous. Deux minutes par tampon apposé. Soit deux heures vingt d'attente. Ce qui laisse amplement le temps de faire connaissance ! Nous formons un groupe discipliné avançant de trois mètres toutes les quatre minutes. A moi seule, j'abaisse d'un an la moyenne d'âge. La queue s'agrandit derrière nous et je discute avec Snéjinka. Une dame joliment gantée et chapeautée engage la conversation avec ma "mother in law" :
" - Excusez-moi, je vous ai entendu, quelle langue parlez-vous ?
- Anglais, mais elle parle aussi allemand. " répond sèchement Snéjinka, me désignant de la main, comme pour appuyer le fait qu'elle est déjà en bonne compagnie.
- Où avez-vous appris la langue ?
- A l'école, avant la guerre.
- Mais de quelle année êtes-vous ?
- 1925
- Bravo ! "
Puis l'élégante baba* se tourne vers moi, prend une profonde inspiration et me dit en parfait allemand :
" - Mon fils vit maintenant en Allemagne et est marié à une allemande. Mes petits-enfants parlent bien le bulgare, car je les ai pris avec moi quand ils étaient petits. L'Allemagne est un beau pays. Moi-même, j'ai vécu à Dresde et y ai travaillé pendant dix ans dans une usine. "
Son débit est rapide et sa récitation ponctuée de petites déglutitions à chaque fin de phrase. Je ne sais pas si je dois répondre ou approuver d'un signe, alors je me contente de sourire. Après une seconde inspiration encore plus profonde, elle reprend :
" - Connaissez-vous l'Allemagne ?
- Oui, je suis allée deux fois à Berlin, une fois à Munich...
- Que faîtes-vous ici ?
- Je suis en vacances. "
Elle regarde vers Snéjinka. Ma réponse ne lui semble pas achevée. Alors je complète :
" - J'étais mariée à un bulgare. "
Elle aura sans doute pris l'usage du passé pour une faiblesse de langage, tant mieux... D'un hochement de tête, elle prend une pose satisfaite, sourit et dit en frôlant ma joue :
" - Vous avez l'air d'une toute jeune fille, mumitche " précise-t-elle en bulgare.
Avec un large sourire, je lui donne un blagodaria** et m'arrête là. Ses yeux sont remplis de curiosité. Elle hésite, n'ose pas tout à fait à poser la question et finalement se lance :
" - Quel âge avez-vous ?
- 30 ans.
- Ho ! Je vous en donnais dix-huit !
- Merci. "
Elle se tourne vers Snéjinka, je ne dois pas bien connaître les chiffres en allemand :
"- Elle paraît si jeune, quel âge a-t-elle ?
- 29
- Alors ça doit être parce qu'elle ne se maquille pas ! "
Et ma belle-mère s'empresse de répondre :
" - Mais, les Françaises ne se maquillent jamais ! "
Je suis ainsi enchantée de représenter à moi seule toute la population de la gente féminine française. Espérons que cette équation soit valide dans l'isoloir en avril !
"- Vous êtes française ! Je suis allée une fois en France, mais pour quelques heures seulement. Ca n'est pas aussi propre que l'Allemagne ?
- Non, vous avez raison, la France n'est pas aussi propre.
- Avez-vous remarquez en Allemagne comme tout est propre dans la rue, les fenêtres surtout ?
- Ha bon, les fenêtres ?
- Les femmes allemandes nettoient tout le temps les fenêtres, elles sont de bonnes épouses."
Les vitres, ouf, heureusement pour moi que ce n'est pas le repassage qui fait la qualité d'une femme !
"- Pour le travail aussi les Allemands sont efficaces. Ha et puis, l'herbe dans les parcs, vous avez vu ça ? "
A la croire, l'ordre et l'hygiène sont des trais culturels allemands tellement intériorisés que même la nature s'y est adaptée. Ne saviez-vous pas que l'herbe allemande est si bien disciplinée qu'elle ne pousse jamais au-dessus de deux centimètres ? En l'écoutant, j'ai envie de lui répondre avec ironie : " Quel dommage que cette caractéristique biologique ne se soit pas étendue aux gambettes des allemandes ! "
La vieille femme m'attrape le bras. Au sien, pend son sac à main, duquel elle sort une carte postale. Elle la saisit entre le pouce et l'index, comme on tient un précieux négatif que l'on va confier au photographe. Dessus un paysage de montagne en été.
"- C'est beau, hein ? Regardez comme c'est intéressant. "
Elle désigne en faisant un va et vient avec le dos de sa main des formations rocheuses, ocres, qui composent un canyon. Un parfait geste de V.R.P. qui vous fait l'article pour un appareil ménager !
"- Oui, c'est très intéressant
- Là, vous voyez, là, juste en bas, il y a un restaurant. Les Allemands aiment bien y aller en famille. Le week-end surtout et ils y prennent du bon temps. "
Elle retourne la carte et me montre des mots formant une écriture appliquée. Quelques douces pensées de ses proches, pourtant loin, si loin... Elle attire mon attention sur la date : 1er mars 2007. Ses yeux me supplient d'acquiescer à la demande que je devine :
" Ils m'aiment, hein qu'ils m'aiment, puisqu'ils ont pensé à moi ce jour là ? "
Et moi d'essayer de la conforter en disant en bulgare : " Do martenitza, da *** ! ". Je prends le rétrécissement de ses deux pupilles noires pour un remerciement. Elle essuie sa carte contre son manteau, effaçant ainsi les traces de doigts qu'elle pensait y avoir déposé, avant de la ranger avec précaution dans une des poches de son sac. Bien sûr, ses enfants l'aiment et lui montrent sûrement. Seulement à Sofia elle est seule, tous les matins elle se réveille et boit son nescafé 2in1, seule. Un morceau de banitza****, devant une carte postale d'Allemagne, en espérant qu'ils viendront sans doute cet été. Cela fait encore quatre mois, quatre petits mois à boire du soluble seule. Mais quand ils seront là, pour sûr elle ira acheter du café, du vrai café...
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* Grand-mère.
** Merci, en bulgare. Plutôt littéraire.
*** Pour les marténitza, oui !
**** Feuilleté au fromage.

vendredi 9 mars 2007

Le 8 mars 2007

Sofia.
Hier c’était la journée de la femme. Un office de 24 heures dédié entièrement au sexe faible, où l’on rend grâce à sa beauté, sa délicatesse, sa compassion, sa bonté…








En Bulgarie, c’est surtout du pain béni pour les fleuristes.
Tout commence au pont des aigles, je vais rendre visite à Snejinka et je sais qu’en bas de la rue Ivan Assen II, il y a un marchand de fleurs. Personne encore n’a du lui en offrir aujourd’hui. Je vais lui acheter une rose. Pas d’œillet ça fait communiste, donc pas de rouge. Surtout pas de rouge. Une rose blanche, c’est bien.

« Voici ces roses blanches, pour toi belle-maman… »

Après que deux malotrus me soient passer devant, je m’enquière de demander la dite fleur. La vendeuse m’en tend une toute défraîchie avec des pétales plutôt marrons que blancs : 4 lévas ! Ce n’est pas donné les roses quand on est française. À ce prix là, j’en réclame une autre, que je prends soin de montrer avec un joli sourire. Je vais même jusqu’à réclamer un joli ruban autour de la tige. Ouf, elle l’a choisi blanc. Mon sourire insistant a eu du bon car elle ne me réclame pas le léva supplémentaire d’usage pour les fioritures.
J’attends le 76. Évidemment le temps d’attente s’affiche sur le poteau pour tous les bus, sauf le mien. Aller, je prends le risque j’allume une cigarette, au pire ça le fera venir. Gagné, deux lattes, là je crois que j’ai battu un record. Je monte et trouve un coin où me caler. En face de moi, un écriteau en français dit : « attention freins puissants ». J’ose espérer que les freins soient puissants. A vrai dire, la mise en garde devrait plutôt être : attention ici les chauffeurs freinent seulement à deux centimètres de la charrette remplie de pastèques, qui traverse de manière impromptue un grand boulevard. Mais je comprends que ce soit trop long : « attention freins puissants » ça revient au même.
Il est 15 heures 30 et le bus est bondé. Autour de moi, des hommes et des femmes avec des fleurs à la main. Puis tout d’un coup, je prends le temps de la pose, j’observe, je me questionne. Les fleurs que tiennent ces femmes leurs ont-elles été offertes ou vont-elles l’être ? Il suffit peut être de regarder sous le bon angle ou d’imaginer.

Une jeune femme examine la fleur qu’elle tient du bout des doigts. Un sourire se dessine autour des ses yeux quand elle la porte lentement à son nez. Sans doute, pense-t-elle à celui ou celle qui lui en a fait cadeau. En même temps qu’elle hume la rose, un pétale effleure sa lèvre inférieure, elle baisse le regard. Puis elle garde les yeux clos pendant quelques secondes. Dix, vingt peut être trente, je ne sais pas. Allez savoir pourquoi, mais j’essaye d’imaginer que je suis entre ses paupières et l’iris de son œil. Je crois pouvoir sentir une candeur absolue dans cet infime espace oculaire. Pas de doute, elle songe à l’être aimé. J’ai l’impression de lui voler sa pudeur, je suis gênée et à mon tour, je détourne le regard.

Une adolescente jauge six fleurs, chacune soigneusement enrubannée, comme autant de trophées. La cote ou la beauté nubile se mesurerait-elle, le 8 mars, aux nombres végétaux accumulés ? En tous les cas, je peux palper la fierté de cette Lolita. Insolente jeunesse, qui use et abuse de son pouvoir de séduction, la trentaine ça rend aigrie, tout du moins envieuse !

Une femme courbée, sans âge, monte dans le bus. Un sac Billa dans une main et quelques fleurs dans l’autre. Tout en se dandinant, elle peine à attraper les barres métalliques qui jalonnent sa route vers le siège le plus proche. Ses fleurs, elle s’y agrippe. Serrées dans ses mains, les tiges commencent à jaunir. Ces fleurs sont-elles autant de marques d’affection de ses proches ? Ces fleurs, auxquelles elle se tient comme à une canne, sont-elles les seuls plaisirs qui la maintiennent en vie ce 8 mars ? Pourtant, quand je vois cette femme, je trouve ces gestes touchants et je la trouve belle. C’est maintenant moi l’insolente jeunesse.

La journée de la femme ? Dans mon tableau ne manque-t-il pas la mère ? Évidemment, il y avait bien une mère dans le bus 76 qui roule vers le quartier Gotze Delchev. Tout du moins il avait une femme au regard maternel. Celle-ci souriait à sa fleur. C’est la tendresse de ses lèvres qui m’a interpellée. Sa fleur, on sentait qu’elle voulait la protéger, elle y prêtait attention. Je me demande même si elle ne voulait pas la protéger de tout ce qui l’entourait, elle aurait voulu la mettre sous cloche, comme dans Le petit prince. Sans doute parce que cette fleur symbolise pour cette mère, les éphémères moments de plénitude où elle est monde entier pour son enfant.

Et moi j’étais là, après avoir trouvé une place assise près de la vitre de la sortie, au-dessus de la roue arrière droite. Vous savez, cette place où même quand on mesure 1mètre 55 on a les genoux dans les épaules. J’étais là avec ma rose blanche à la main, le bras levé pour éviter qu’elle ne touche le sol. Sûre, ma façon à moi de tenir ma fleur n’était ni amoureuse, ni fière, ni touchante, ni maternelle.

« Jvous ai apporté des bonbons. Parce que les fleurs cest périssable. Puis les bonbons cest tellement bon. Bien que les fleurs soient plus présentables… »

Je dois vous avouer que les fleurs font toujours plaisir à la femme que je suis, alors la prochaine fois, apportez-moi une fleur !

Bons baisers de Bulgarie.

mlbl

jeudi 1 mars 2007

Честита Баба Марта

Aujourd'hui : 1er mars, en Bulgarie, on souhaite "Tchestita Baba Marta" (Heureuse grand-mère Mars)

Le personnage de grand-mère Marta puise ses sources dans le milieu des paysans agriculteurs : quand elle sourit le soleil surgit et la neige fond. Quand elle n'est pas de bonne humeur, la terre se glace. Santé, prospérité et bonheur... c'est le printemps qui arrive !